États-Unis

Vivre, travailler et entreprendre aux États-Unis

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Indispensable pour travaillerVisa
Privée et coûteuseAssurance santé
1re mondialeÉconomie
Variable selon la villeCoût de la vie

Les États-Unis restent un aimant puissant pour les Français, avec environ 160 000 expatriés, surtout à New York, San Francisco, Los Angeles, Chicago et Miami. Première économie mondiale, le pays attire par ses opportunités de carrière, son dynamisme entrepreneurial et des salaires élevés. Mais s’y installer suppose de franchir une étape décisive : obtenir un visa.

Trois réalités structurent le projet américain. Le visa d’abord : il n’existe pas de libre installation, et les règles se sont durcies, notamment pour le H-1B. L’assurance santé ensuite : sans système universel, elle est privée et représente un budget conséquent. Le coût de la vie enfin, très variable : extrême à New York ou San Francisco, plus accessible dans des villes comme Austin ou Denver.

Ce guide répond d’abord aux questions concrètes de l’installation, le visa, l’assurance santé, le coût de la vie, l’emploi, la création d’entreprise et l’immobilier, avant de décrypter la culture professionnelle américaine, directe et pragmatique, pour réussir votre intégration.

Vivre, travailler et entreprendre aux États-Unis

Avant les codes culturels, voici les décisions concrètes qui façonnent une installation aux États-Unis : le visa, l’assurance santé, le coût de la vie, l’emploi, la création d’entreprise et l’immobilier.

1. Visa : les voies vers les États-Unis

C’est la décision décisive : il n’existe pas de libre installation pour un Français, et chaque voie a ses conditions. La recherche « visa États-Unis » recouvre en réalité plusieurs dispositifs distincts.

Le H-1B (travailleurs qualifiés) reste la voie la plus connue, mais aussi la plus contrainte : il passe par une loterie annuelle (quota de 65 000 places, plus 20 000 pour les titulaires d’un master américain) et, depuis le 21 septembre 2025, un droit de 100 000 $ s’applique aux nouvelles demandes (hors changement de statut depuis les États-Unis). Une sélection pondérée par le salaire entre en vigueur en 2026.

D’autres voies sont souvent plus accessibles : le L-1 (transfert au sein d’un groupe présent en France et aux États-Unis), le E-2 (investisseur, particulièrement pertinent pour les Français, voir plus bas), le O-1 (compétences exceptionnelles) et la résidence permanente (green card) par l’emploi ou la loterie de la diversité. Pour un séjour de moins de 90 jours, l’ESTA suffit, mais il n’autorise pas à travailler.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et factuel et ne constituent pas un conseil en immigration. Les règles évoluent fréquemment ; pour votre situation, l’accompagnement d’un avocat spécialisé (immigration attorney) est recommandé.

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2. Assurance santé : le poste à ne pas sous-estimer

C’est la principale surprise pour les Français : il n’existe pas de système de santé universel. L’assurance maladie est généralement liée à l’employeur, qui propose un ou plusieurs plans (HMO, PPO, HDHP) ; à défaut, on s’assure sur le marché individuel (ACA).

Le coût est conséquent. Une prime d’assurance employeur s’élève en moyenne à environ 777 $ par mois pour une personne seule et 2 249 $ pour une famille, l’employeur en prenant une partie en charge. Sur le marché individuel, les primes ont nettement augmenté en 2026. À cela s’ajoutent les franchises (deductibles) et les tickets modérateurs (copays) à chaque soin.

C’est pourquoi le plan santé est un élément central de la négociation d’embauche : un bon plan peut valoir davantage qu’une augmentation de salaire. Vérifiez précisément la couverture proposée avant d’accepter une offre.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en assurance. Les garanties et les coûts varient fortement ; comparez les plans et faites-vous accompagner si nécessaire.

3. Coût de la vie et salaire net (par ville et par État)

Aux États-Unis, le coût de la vie varie énormément selon la ville. New York et San Francisco figurent parmi les plus chères au monde, tandis qu’Austin, Denver, Raleigh ou d’autres villes offrent un bien meilleur rapport entre salaire et coût de la vie.

Côté fiscalité, l’impôt combine un barème fédéral progressif (de 10 % à 37 %) et, selon l’État, un impôt sur le revenu local, nul dans certains États (Texas, Floride, Washington, Nevada) et élevé dans d’autres (Californie, New York). S’ajoutent les cotisations FICA (Sécurité sociale et Medicare). Les salaires sont élevés, mais l’assurance santé et l’absence de protection sociale universelle changent l’équation.

Pour mesurer votre revenu réel, comparez votre situation nette selon l’État :

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4. Travailler aux États-Unis

Le marché de l’emploi est porté par la tech (San Francisco, Seattle, Austin), la finance (New York), la santé, le conseil et les industries créatives. Les fourchettes de rémunération par secteur sont détaillées plus bas, dans la section Secteurs et salaires.

Deux particularités déroutent les Français. L’emploi est généralement « at-will » : il peut être rompu de part et d’autre à tout moment, sans préavis légal comparable à la France. Et les congés payés sont limités, souvent deux semaines par an, sans minimum légal fédéral.

La culture valorise l’initiative et le fait de « se vendre » : mettre en avant ses réalisations chiffrées, soigner son réseau et son pitch comptent autant que le diplôme. Le networking est un levier d’emploi majeur.

5. Créer une entreprise (LLC, C-Corp) et le visa E-2

Créer une société est simple et rapide, au niveau d’un État (le Delaware est très utilisé). Deux formes dominent : la LLC, transparente fiscalement (les bénéfices sont imposés au niveau des associés), et la C-Corp, soumise à l’impôt fédéral sur les sociétés de 21 % (plus un éventuel impôt d’État).

Pour un entrepreneur français, l’atout majeur est le visa E-2 : la France étant un pays signataire du traité d’investissement, un Français qui investit une somme substantielle dans une entreprise américaine (souvent de l’ordre de 80 000 à 300 000 $ et plus selon le projet) et qui la dirige peut obtenir ce visa, renouvelable indéfiniment tant que l’activité est viable.

Le E-2 suppose de détenir au moins 50 % de l’entreprise et un investissement réel et engagé, pas une simple somme déposée sur un compte. C’est l’une des voies les plus directes pour s’installer aux États-Unis par l’entrepreneuriat.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil juridique, fiscal ou en immigration. Le montage d’un E-2 et le choix de la structure dépendent de votre projet ; l’accompagnement d’un avocat et d’un fiscaliste est recommandé.

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6. Acheter un logement

Les États-Unis n’imposent aucune restriction de nationalité : un Français, résident ou non, achète un bien librement. Détenir un bien n’ouvre toutefois aucun droit de séjour : la question du visa reste distincte de celle de l’achat.

Le financement est le principal point d’attention. Les non-résidents peuvent obtenir un crédit « foreign national », mais avec un apport plus élevé (souvent 20 à 30 % ou plus) et des taux supérieurs. À la revente, un mécanisme de retenue à la source (FIRPTA) s’applique aux vendeurs étrangers. La taxe foncière (property tax) varie fortement selon l’État et le comté.

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Pour une opération précise, l’accompagnement d’un professionnel (avocat, agent immobilier, courtier, fiscaliste) est recommandé.

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Secteurs clés & salaires en États-Unis

Tech & Software
$120 000 - $350 000+
San Francisco, Seattle, Austin
Finance & Banque d’investissement
$100 000 - $300 000+
New York, Chicago
Conseil en stratégie
$90 000 - $250 000
New York, Boston, Chicago
Pharma & Biotech
$85 000 - $200 000
Boston, San Diego, New Jersey
Luxe & Mode
$70 000 - $180 000
New York, Los Angeles
Aérospatiale & Défense
$90 000 - $200 000
Houston, Los Angeles, Washington DC

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Culture professionnelle

Dimensions culturelles en États-Unis

Comprendre les codes culturels professionnels pour réussir votre intégration en États-Unis.

1/8

Communication

Les Américains sont parmi les communicateurs les plus explicites au monde
Bas contexte (explicite)
Haut contexte (implicite)
États-Unis : 2/8

Aux États-Unis, la clarté est reine. Les messages doivent être simples, directs et actionnables. Là où un Français construit un raisonnement nuancé avec des sous-entendus, un Américain va droit au but avec un « bottom line up front » (la conclusion d’abord). Les emails sont courts, les réunions ont un objectif clair, et on attend de chacun qu’il dise exactement ce qu’il pense, sans détour. Le silence est interprété comme un désaccord ou un désintérêt, jamais comme de la réflexion.

À faire

  • Commencez toujours par la conclusion, puis détaillez si on vous le demande
  • Utilisez des phrases courtes et un vocabulaire accessible  : évitez le jargon intellectuel
  • Soyez proactif en réunion : prenez la parole, posez des questions, montrez votre engagement

À éviter

  • Ne construisez pas de longs raisonnements avant d’arriver au point  : vous perdrez votre audience
  • N’utilisez pas de doubles négations ou de formulations alambiquées
  • Évitez le silence prolongé  : il sera interprété négativement

Scénario concret

Un ingénieur français présente un projet en commençant par 15 minutes de contexte théorique. Son manager américain l’interrompt : « What’s the ask? » (Qu’est-ce que tu demandes ?). En reformulant avec une slide unique résumant le besoin, le budget et le délai, il obtient un « approved » en 2 minutes.

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2/8

Feedback

Le feedback positif est exubérant, le feedback négatif est enrobé  : le fameux « sandwich »
Feedback direct
Feedback indirect
États-Unis : 5/8

C’est le paradoxe américain qui déroute le plus les Français : une culture ultra-directe en communication devient étonnamment indirecte pour le feedback négatif. Les Américains utilisent le « feedback sandwich »  : un compliment, puis la critique, puis un encouragement. Un « great job, but maybe we could explore a different approach » signifie en réalité « ce n’est pas du tout ce qu’on attendait ». Les Français, habitués à une critique plus frontale, risquent de sous-estimer la gravité du message.

À faire

  • Apprenez à décoder les euphémismes : « interesting approach » peut signifier « mauvaise direction »
  • Adoptez le format sandwich quand vous donnez du feedback à des collègues américains
  • Multipliez les feedbacks positifs  : les Américains en donnent 3 à 5 fois plus que les Français

À éviter

  • Ne donnez pas de critique directe et frontale sans l’enrober  : vous serez perçu comme agressif
  • Ne minimisez pas un feedback qui semble positif  : cherchez la critique cachée au milieu
  • Évitez de dire « non » brutalement  : préférez « I see your point, and what if we also considered... »

Scénario concret

Lors d’une évaluation annuelle, un manager américain dit à un expatrié français : « You’re doing a fantastic job overall. One small area for growth might be your presentation skills. » Le Français pense que tout va bien. En réalité, ses présentations posent un vrai problème et compromettent sa promotion.

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3/8

Persuasion

Montrez le ROI, pas la théorie  : « show me the money »
Principes d’abord
Applications d’abord
États-Unis : 7/8

Les États-Unis sont la culture « applications-first » par excellence. Les Américains veulent savoir ce que ça change concrètement, combien ça rapporte et en combien de temps. Le cadre théorique, les références académiques et les raisonnements déductifs chers aux Français sont perçus comme une perte de temps. Un bon pitch américain commence par le résultat attendu, appuyé par des données chiffrées et des cas concrets. La rhétorique française, élégante mais abstraite, tombe à plat dans un board room américain.

À faire

  • Commencez par le résultat attendu et le ROI avant tout contexte théorique
  • Utilisez des cas concrets, des témoignages clients et des données chiffrées
  • Préparez un « elevator pitch » de 30 secondes pour chaque idée importante

À éviter

  • Ne démarrez jamais par le cadre conceptuel ou l’historique du problème
  • Évitez les citations philosophiques ou les références académiques en réunion business
  • Ne présentez pas sans chiffres  : « data is king » aux États-Unis

Scénario concret

Une consultante française présente une stratégie RH avec un cadre théorique de 20 slides. Le VP américain regarde son téléphone après la slide 3. Elle restructure : slide 1 = problème chiffré, slide 2 = solution proposée, slide 3 = ROI à 12 mois. Standing ovation.

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4/8

Direction

Égalitaire en apparence  : le boss est « one of the guys » mais décide quand même
Égalitaire
Hiérarchique
États-Unis : 2.5/8

Le management américain est fondamentalement égalitaire dans les formes : tutoiement systématique (pas de « vous » en anglais), open spaces, CEO en T-shirt, politique de la « porte ouverte ». Le stagiaire peut interpeller le VP dans le couloir. Mais attention : cette accessibilité ne signifie pas absence de pouvoir. Le manager américain consulte largement mais tranche seul, et sa décision est rarement contestée. Ce mélange d’informalité et d’autorité réelle déroute les Français, habitués à une hiérarchie plus visible mais plus négociable.

À faire

  • Adoptez un ton décontracté et accessible, même en position de leadership
  • Encouragez les idées de tous les niveaux  : l’innovation vient de partout
  • Pratiquez le « management by walking around »  : soyez visible et approchable

À éviter

  • Ne jouez pas la carte du statut ou du diplôme  : personne ne s’en soucie
  • N’attendez pas que vos subordonnés vous « vouvoient » mentalement  : soyez sur le même plan
  • Ne confondez pas informalité et absence de pouvoir  : le boss décide, même en sneakers

Scénario concret

Un directeur français arrive dans sa filiale américaine et demande un bureau fermé avec assistante. Ses collègues le perçoivent immédiatement comme distant et arrogant. En s’installant en open space et en lançant un « Hi, I’m Pierre, call me Pete », il gagne le respect de l’équipe en une semaine.

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5/8

Décision

Décision rapide, exécution immédiate  : « move fast and break things »
Consensus
Top-down
États-Unis : 6/8

La culture américaine valorise la vitesse de décision. Le processus typique : discussion rapide en équipe, le manager tranche, on exécute immédiatement. Si ça ne marche pas, on pivote. Cette approche « test and iterate » est à l’opposé du modèle français où l’on cherche la solution parfaite avant de se lancer. Aux USA, une décision imparfaite prise vite vaut mieux qu’une décision parfaite prise trop tard. Les Français sont souvent frustrés par ce qu’ils perçoivent comme de l’impulsivité, tandis que les Américains trouvent les Français paralysés par l’analyse.

À faire

  • Proposez des solutions concrètes rapidement, même imparfaites  : on itérera ensuite
  • Acceptez que les décisions puissent être révisées sans que ce soit un échec
  • Montrez votre capacité à agir vite : « bias for action » est une valeur cardinale

À éviter

  • Ne demandez pas 3 semaines d’analyse supplémentaire quand une décision est attendue demain
  • Ne percevez pas un changement de direction comme de l’incohérence  : c’est de l’agilité
  • Évitez de remettre en cause une décision déjà prise sans apporter de nouvelles données

Scénario concret

Un chef de projet français propose un plan de 6 mois pour lancer un produit. Son homologue américain : « Can we do a MVP in 6 weeks? » Le Français est choqué. Mais le MVP génère des retours clients en 2 mois, là où le plan français aurait livré un produit parfait... que personne ne voulait.

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6/8

Confiance

La confiance se construit par les résultats, pas par les dîners  : « show me what you’ve done »
Orientée tâche
Orientée relation
États-Unis : 3/8

Aux États-Unis, la confiance professionnelle est principalement « task-based » : elle se gagne par la qualité du travail, le respect des deadlines et les résultats mesurables. Les Américains sont très chaleureux dès la première rencontre (« So great to meet you »), mais cette convivialité immédiate n’est pas de l’amitié  : c’est une norme sociale. Un Français peut avoir l’impression d’avoir créé un lien fort après un déjeuner animé, alors que son interlocuteur américain a déjà oublié son nom. La vraie confiance vient quand vous « delivrez ».

À faire

  • Livrez ce que vous avez promis, dans les délais annoncés  : c’est le meilleur moyen de construire la confiance
  • Partagez vos résultats et succès de manière visible (la modestie française est mal comprise)
  • Entretenez votre réseau activement  : le networking est un sport national aux USA

À éviter

  • Ne confondez pas amabilité américaine et amitié sincère  : « Let’s have lunch » est souvent une formule de politesse
  • Ne soyez pas trop modeste sur vos réalisations  : ce sera interprété comme un manque de compétence
  • N’investissez pas trop de temps en socialisation sans montrer de résultats concrets

Scénario concret

Un commercial français passe 3 mois à construire une relation personnelle avec un client américain : dîners, matchs de baseball, conversations familiales. Mais il n’a toujours pas livré de proposition commerciale. Le client signe avec un concurrent qui a envoyé une démo fonctionnelle dès la semaine 2.

En savoir plus sur la dimension Confiance
7/8

Désaccord

Le débat d’idées est bienvenu, tant qu’il reste positif et orienté solutions
Confrontation
Évitement
États-Unis : 3/8

Les Américains acceptent la confrontation ouverte en milieu professionnel, mais dans un cadre très codifié : le désaccord doit rester factuel, orienté solutions et exprimé avec un ton positif. On peut contredire son boss en réunion, mais en proposant une alternative, jamais en démolissant son idée. Le débat « à la française », passionné, intellectuel, parfois agressif, est perçu comme négatif et non constructif. Aux USA, vous pouvez être en désaccord total, tant que vous le faites avec le sourire et un « I totally respect your perspective, and here’s another way to look at it ».

À faire

  • Formulez vos désaccords comme des contributions positives : « What if we also considered... »
  • Appuyez toujours vos objections sur des données ou des exemples concrets
  • Maintenez un ton positif et constructif, même dans un débat animé

À éviter

  • Ne dites jamais « vous avez tort » frontalement  : c’est perçu comme une attaque personnelle
  • Évitez les débats purement intellectuels sans lien avec l’action  : « so what? » sera la réponse
  • Ne prenez pas un ton passionné ou émotionnel en réunion  : restez « cool and collected »

Scénario concret

Un manager français conteste vivement la stratégie de son VP en réunion d’équipe, avec un ton passionné et des arguments théoriques. Le VP se ferme et le perçoit comme « not a team player ». En reformulant « I love the direction, and I’d like to suggest an enhancement based on the data... », le même message passe parfaitement.

En savoir plus sur la dimension Désaccord
8/8

Temps

Le temps c’est de l’argent  : « time is money » n’est pas qu’une expression
Temps linéaire
Temps flexible
États-Unis : 3/8

Le rapport américain au temps est paradoxal. D’un côté, la ponctualité est attendue et les deadlines respectées. De l’autre, le rythme est frénétique et les priorités changent vite. Les Américains vivent dans une culture de l’urgence permanente : tout est « ASAP », les réunions s’enchaînent dos à dos en blocs de 30 minutes, et on attend des réponses aux emails dans l’heure. Le temps est une ressource à optimiser, pas à savourer. Pour un Français habitué à des déjeuners d’une heure et des réunions qui débordent, le choc est réel.

À faire

  • Répondez aux emails rapidement  : le même jour est la norme, dans l’heure est l’idéal
  • Tenez vos réunions dans le temps imparti  : 30 minutes signifie 30 minutes
  • Adoptez le « working lunch »  : un sandwich devant l’ordinateur est normal aux USA

À éviter

  • Ne prenez pas 2 heures pour déjeuner  : c’est perçu comme un manque de productivité
  • N’arrivez pas en retard, même de 5 minutes  : surtout lors des premières impressions
  • Ne laissez pas un email sans réponse plus de 24h  : même un simple « Got it, will review » suffit

Scénario concret

Un cadre français propose un déjeuner d’une heure et demie pour discuter stratégie. Son collègue américain répond : « Can we do a 30-min working lunch? I have back-to-back meetings. » Le Français est vexé. En réalité, le collègue lui accorde 30 minutes de son temps, ce qui est un signe de respect dans la culture américaine.

En savoir plus sur la dimension Temps

États-Unis vs. France : les différences clés

DimensionFrance FranceÉtats-Unis États-Unis
CommunicationImplicite, nuancée, contextuelleExplicite, directe, « bottom line up front »
FeedbackCritique directe, peu de complimentsFeedback sandwich : positif-négatif-positif
PersuasionCadre théorique, raisonnement déductifROI d’abord, données et cas concrets
HiérarchieMarquée, statut du diplôme importantÉgalitaire en apparence, CEO en T-shirt
DécisionAnalyse approfondie, recherche de la solution parfaiteDécision rapide, test & iterate, MVP
ConfianceSe construit autour de repas et de relationsSe construit par les résultats livrés
DésaccordDébat passionné et intellectuel valoriséDésaccord positif et orienté solutions
TempsFlexible, déjeuners longs, réunions qui débordentOptimisé, réunions de 30 min, réponses rapides
Comparer sur le radar interactif

Conseils pratiques

Votre premier mois dans une entreprise américaine

  • Adoptez le « small talk »  : parlez météo, sport, week-end avant d’entrer dans le vif du sujet
  • Rendez-vous visible : prenez la parole en réunion, proposez des idées, levez la main pour des projets
  • Apprenez à vous « vendre »  : la modestie française est interprétée comme un manque de confiance
  • Répondez vite aux emails et messages Slack  : la réactivité est un marqueur de professionnalisme

Manager une équipe aux États-Unis

  • Donnez du feedback positif fréquemment et publiquement  : les Américains en ont besoin pour rester motivés
  • Fixez des objectifs clairs et mesurables (OKR, KPI)  : l’ambiguïté est mal tolérée
  • Favorisez l’autonomie et la prise d’initiative  : le micro-management est très mal perçu
  • Célébrez les victoires de l’équipe régulièrement  : la culture du « shout-out » est essentielle

Questions fréquentes

Faut-il un visa spécifique pour travailler aux États-Unis ?

Oui, c’est le principal obstacle : il n’y a pas de libre installation. Les voies courantes sont le H-1B (qualifiés, par loterie et désormais soumis à un droit de 100 000 $ pour les nouvelles demandes depuis fin 2025), le L-1 (transfert intra-groupe), le E-2 (investisseur) et le O-1 (compétences exceptionnelles). Beaucoup de Français passent par un L-1. Voir la décision 1 : Visa : les voies vers les États-Unis.

Le coût de la vie aux USA est-il vraiment plus élevé qu’en France ?

Cela dépend énormément de la ville : San Francisco et New York sont parmi les plus chères au monde, tandis qu’Austin, Denver ou Raleigh offrent un bien meilleur rapport qualité-prix. Attention aux coûts moins visibles : assurance santé, garde d’enfants, absence de protection sociale universelle. Pour une estimation par État, voir la décision 3 : Coût de la vie et salaire net.

Les Américains travaillent-ils vraiment autant qu’on le dit ?

La norme est de deux semaines de congés par an (contre cinq en France), et beaucoup ne les prennent pas toutes. Les journées sont longues, surtout en finance et en conseil. La culture du « work hard, play hard » et la flexibilité (télétravail, horaires souples) compensent en partie. En tech, l’équilibre est souvent meilleur que dans les secteurs traditionnels.

Comment fonctionne l’assurance santé aux États-Unis ?

Elle est généralement liée à l’employeur, qui propose des plans (HMO, PPO, HDHP) avec des niveaux de couverture variables. Vous payez une part de la prime, plus des copays et des deductibles à chaque soin. C’est un critère majeur de négociation d’embauche. Voir la décision 2 : Assurance santé.

Quelles sont les erreurs les plus courantes des Français aux États-Unis ?

Les cinq principales : être trop modeste sur ses réalisations (perçu comme un manque de compétence) ; donner un feedback trop direct (perçu comme agressif) ; construire de longs raisonnements théoriques au lieu d’aller droit au but ; sous-estimer le networking et le small talk ; et ne pas s’adapter au rythme décisionnel rapide.

Comment négocier son salaire aux États-Unis ?

La négociation est non seulement acceptée mais attendue. Consultez Glassdoor, Levels.fyi (tech) ou Payscale pour les fourchettes. Négociez le package complet : salaire de base, bonus, stock-options ou RSU, signing bonus, relocation et plan santé. Un recruteur s’attend à une contre-proposition et garde souvent une marge de 10 à 20 %.

Le visa H-1B coûte-t-il vraiment 100 000 $ ?

Depuis le 21 septembre 2025, un droit de 100 000 $ s’applique aux nouvelles demandes de H-1B (mesure confirmée en justice), sauf en cas de changement de statut depuis les États-Unis. Le H-1B reste par ailleurs soumis à une loterie annuelle. Voir la décision 1 : Visa : les voies vers les États-Unis.

Le visa E-2 est-il accessible aux Français ?

Oui. La France est un pays signataire du traité d’investissement : un Français qui investit une somme substantielle dans une entreprise américaine et la dirige peut obtenir le visa E-2, renouvelable indéfiniment tant que l’activité est viable. Voir la décision 5 : Créer une entreprise et le visa E-2.

Peut-on acheter un logement aux États-Unis en étant français ?

Oui, sans restriction de nationalité, que l’on soit résident ou non. Le financement demande toutefois un apport plus élevé pour les non-résidents (souvent 20 à 30 %), et une retenue (FIRPTA) s’applique à la revente. Détenir un bien n’ouvre aucun droit de séjour. Voir la décision 6 : Acheter un logement.

Peut-on créer une société aux États-Unis en étant français ?

Oui. La LLC (transparente fiscalement) et la C-Corp (impôt fédéral de 21 %) se créent simplement au niveau d’un État, souvent le Delaware, sans restriction de nationalité. Associée à un investissement réel, la société peut servir de support à un visa E-2. Voir la décision 5 : Créer une entreprise.